
Ukulélé n°34 GO

Le ukulélé GO est de type Pineapple ; j’en ai conçu la forme spécifique. Les proportions se sont imposées à moi par l’utilisation des tracés régulateurs du nombre d’or. Le dessin de la caisse évoquant une goutte d’eau, je l’ai baptisé « GO » (G pour Goutte, O pour Eau).
On m’a sollicité pour réaliser un cadeau de groupe à l’occasion du 40e anniversaire d’un musicien professionnel.
Je me suis entendu avec le futur propriétaire pour choisir les essences de bois, le design et des particularités propres à ce projet.
Les bois choisis sont le noyer pour la caisse et le manche, l’ébène pour la touche, l’épicéa pour les barrages.
Le noyer des éclisses et du fond a un beau dessin de fibres, celui de la table est a un motif flammé d’une finesse exceptionnelle.



J’ai collé le fond et la table en portefeuille afin que les motifs du bois se rejoignent par symétrie. À cette étape, les planchettes présentent une épaisseur d’environ 4,5 mm.
Patiemment, je rabote et ponce la surface des éclisses, dos et table. L’épaisseur à atteindre est de 2 mm. La table sera légèrement plus fine 1,8 mm car la densité et la nervosité du bois le permet et optimisera la richesse sonore du ukulélé. Ces épaisseurs sont vérifiées sur toutes la surface du bois avec un contrôleur d’épaisseur au dixième de millimètre.








Pendant 24 h, J’ai immergé les éclisses dans l’eau afin de les assouplir. Je cale ensuite chaque éclisse sur la forme de moulage et, patiemment, je chauffe le bois au fer à repasser pour le plaquer contre le gabarit. Sous l’action de la chaleur, la cellulose se déforme pour épouser le galbe du moule. Des cales maintenues par des élastiques stabilisent la courbure de l’éclisse pendant le séchage.
Les éclisses ont été assemblées à l’aide des talons et sont maintenues dans le moule en contre-forme pour conserver le galbe. Pour coller les contre-éclisses des pinces assurent la pression durant la prise. Le rôle des contre-éclisses est de stabiliser la silhouette de la caisse et d’assurer la qualité du collage de la table et du dos.






Les barrages sont découpés dans de l’épicéa, collés et sculptés, les barrages sous la table sont affinés pour libérer les vibrations. Je vernis l’intérieur du dos avec un vernis à
tableau, pour que le son ai une meilleur résonance vers la bouche de la table. Vous
remarquerez que j’ai laissé les zones de collage vierge pour la bonne adhésion des éclisses.
Pour coller les éclisses sur la table, j’utilise une planche cloutée sur les cotés. Je compresse les éclisses sur la table en les emmaillotant à l’aide d’une corde entrelacée autour des clous.



L’une des spécificités de cette commande a été l’installation d’un système d’amplification. Le micro choisi est celui conseillé par Thomas : le K&K Aloha Twin, un modèle à double pastilles piézoélectriques. Pour plus de détails, vous pouvez consulter la chaîne YouTube de Thomas Mastomo.
L’étiquette est collée au dos avant de fermer la caisse, toujours à l’aide de serres joint maison.



Le ponçage méticuleux de la caisse permet d’en apprécier le beau volume. À l’aide d’une cale conique recouverte de toile émeri, j’ajuste la bouche au diamètre souhaité.
La touche en ébène est réduite à l’épaisseur de 3,5 mm, je colle dessus une impression de l’emplacement de chaque frettes, ce qui me permet de scier précisément les rainures destinées à les recevoir.




Après l’ébauche et l’affinage du manche, la touche y est collée. L’étape suivante consiste à assembler le manche à la caisse.
La difficulté de ce design est la liaison entre le manche et la caisse. Comment faire pour adapter la courbe de la caisse au manche..
J’ai créé un banc de montage au quart de millimètre pour assurer l’alignement de la caisse et du manche. Petit à petit j’ai ajusté le manche pour qu’il s’adapte parfaitement à la caisse. Une fois l’adaptation faite le banc m’a servi pour le collage. La liaison a été parfaitement réalisé.








Le chevalet est réalisé en noyer, il est petit pour laisser le maximum de vibration à la table. Son collage sur la table est géré avec des scotchs de masquage qui permettent de cibler précisément son emplacement.
la seconde spécificité de cette commande consistait à inscrire le nom de scène du futur propriétaire au dos de l’instrument. Après plusieurs essais, j’ai choisi de pyrograver sa signature directement sur le fond du ukulélé.





Ultime spécificité de la commande, réussir à inscrire les initiales des participants au cadeau (MYAEMA) et une maxime donné par l’initiatrice de cette commande (À l’amitié, l’amour, la joie). J’ai utilisé mes connaissances de graveur pour créer des plaquettes de laiton.
Douze couches d’huile Danoise seront appliqués pour vernir le ukulélé. Chaque couche me demande le temps de 1 H 30 à 2 H et je respecte le temps de séchage de 24 H minimum
pour obtenir une bonne protection du ukulélé. Il a fallu 15 jours pour finir le vernis, ensuite il faut compter encore 10 jours pour obtenir un séchage complet. Il est difficile
d’attendre ce temps pour monter les cordes et savoir comment sonne ce ukulélé.




Les cordes sont montées. La livraison du ukulélé a été prévue lors d’un apéritif musical.


J’ai pu utiliser ce ukulélé pendant 10 jours, avant de le livrer lors de l’apéro musical, le son était parfait et s’est affiné progressivement.

Le luthier, heureux de sa réalisation.
« J’ai été ravi de remettre cet instrument en main propre à Julien, le destinataire du cadeau. Depuis, ce ukulélé lui permet de partager des sessions musicales avec ses enfants. »
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